Défendu
par la ministre de l’Economie Christine Lagarde, le texte du
gouvernement, présenté lundi lors d’un Conseil des ministres
extraordinaire et adopté dans la matinée - sans être amendé - par la
commission des Finances, est officiellement appelé "projet de loi de
finances rectificative pour le financement de l’économie".
Modifier le budget 2009 ?
Ce projet, qui devrait être définitivement adopté par le Parlement
mercredi soir après un vote conforme attendu au Sénat, traduit le plan
en faveur des banques face à la crise : garantie des crédits
interbancaires jusqu’à fin 2009 et recours possible à une
recapitalisation pour leur éviter la faillite.
Alors que l’UMP et ses partenaires centristes du NC avaient exhorté
lundi l’opposition à le voter, la gauche a refusé, estimant que les
mesures prévues étaient nécessaires mais pas suffisantes.
Si, en commission des Finances, les députés PS ont voté un article
clef du projet de loi, ils ont choisi, en réunion de groupe, de
s’abstenir sur l’ensemble du texte.
Le plan de Nicolas Sarkozy "ne résout qu’une
partie des problèmes", a justifié le patron des
députés PS, Jean-Marc Ayrault.
"Ce qu’il est possible de faire pour sauver le système bancaire, il
doit être possible de le faire aussi pour sauver les Français de la
récession" en soutenant "l’emploi" notamment, a-t-il dit, réaffirmant
qu’il fallait complètement modifier le projet de budget pour 2009,
débattu la semaine prochaine.
Le PS avait exclu dès lundi d’émettre un vote négatif.
"L’abstention, c’est pour moi la négation de l’engagement
politique", a aussitôt réagi Jean-François Copé, patron des députés
UMP. "C’est désolant et consternant. Tout cela doit être le fruit de je
ne sais quelle cogitation du Politburo du PS" avant le congrès de
Reims, a-t-il dénoncé.
Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a de son côté dénoncé "une
décision irresponsable", soulignant que plusieurs gouvernements
européens de gauche avaient adopté ces mêmes mesures.
Non à la "prime aux voleurs"
Les communistes ont, eux, estimé, dans un communiqué intitulé "la
prime aux voleurs pour sauver le capitalisme", que "la solution
préconisée par le gouvernement, même si elle est susceptible de faire
baisser momentanément les tensions sur les marchés financiers, procure
une prime à tous les prédateurs qui se sont servis sur l’économie
réelle".
"Quoi qu’en dise le président de la République, les contribuables paieront la note", ont-ils affirmé.
L’inscription à l’ordre du jour de ce texte modifie l’agenda de
l’Assemblée, retardant notamment la suite du débat sur le Grenelle de
l’environnement.