Besancenot aux prises avec l’exigence de rassemblementExtrême
gauche. Après le score décevant de leurs listes
aux européennes, nombre
de voix s’élèvent au NPA pour une
démarche unitaire de la « gauche
radicale » aux régionales.
Choc et déceptionÀ Port-Leucate, certains militants n’hésitent pas à confier leur déception sur les 4,98 % de voix obtenus par leur parti aux européennes : « J’ai eu comme un choc. Ça m’a énervé d’entendre parler d’un score “plutôt satisfaisant” alors qu’il n’est pas bon au regard de l’ambition affichée lors de notre création », se désole Leila Chaibi, membre du comité exécutif. En robe légère dénudant ses épaules bronzées, la jeune femme avait soutenu la position majoritaire de faire cavalier seul. « Je pensais qu’avec la crise capitaliste, on allait faire un bond. Je regrette maintenant l’éparpillement de la gauche radicale. Il faut en tirer les leçons pour les régionales », dit cette salariée précaire, initiatrice du collectif l’Appel et la pioche. Bien des voix parmi les adhérents rassemblés à l’université rejoignent celle de Leila Chaibi. Édouard, du comité Paris 10e arrondissement, s’est « volontairement abstenu de voter. [Je] ne voulais pas de listes séparées ». Pierre (Hauts-de-Seine) confie être ici pour se « rassurer sur la position du NPA quant à la prochaine échéance ». Militant expérimenté du syndicat CGT, il estime que le NPA « joue son avenir dans cette affaire. Ça va être le moment de vérité. Ou il s’ouvre à d’autres, ou il redeviendra une LCR bis, un groupuscule regroupé sur lui-même ». Un jugement sévère pas loin d’être partagé par une partie des nouveaux membres, essentiellement parmi les jeunes. Si Leila Chaibi conteste la « désertion », « l’hémorragie » des militants après les européennes, elle pense toutefois que « beaucoup risquent de se barrer si on ne change pas d’attitude. On ne comprend pas pourquoi ne pas s’unir aux élections alors qu’il y a plus de choses qui nous rassemblent que celles qui nous séparent. On ne peut être ensemble dans les luttes et devenir des concurrents dans les urnes ». « Rupture avec le centre gauche »La jeune femme se dit « rassurée » par les démarches entreprises par Olivier Besancenot et Pierre-François Grond. Elle se félicite de la déclaration commune NPA-PG. Et espère un déblocage entre son parti et le PCF. Certes, les deux dirigeants du NPA entendent ces voix, qu’ils continuent de juger minoritaires. Mais jusqu’où sont-ils sincères dans leur volonté d’aboutir à des listes unitaires ? Le réflexe tacticien prend-il le pas sur le fond en voulant devancer les appels aux alliances ? « On ne veut pas subir les initiatives des autres », précise-t-on. Des contacts sont pris avec le Forum social des quartiers populaires (dont sont membres le collectif ACLEFEU, le MIB et les Motivés, présents à Port-Leucate), et Pierre-François Grond jubile déjà à l’idée de former des listes avec le PG : « On partira avec le moindre collectif qui sera d’accord avec nous. » Quant au PCF, le NPA entend lui mettre la pression pour qu’il le suive « à assumer l’indépendance totale du PS sur le long terme, explique Olivier Besancenot. Nous ne voulons pas avoir des accords de circonstance pour des exécutifs régionaux, mais assumer une rupture avec l’union de centre gauche qui semble se profiler avec les discussions PS, Verts et Modem ». Réagir :
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