
Les secousses d’un scrutin dans la crise
Élections
européennes . L’UMP arrive en tête du scrutin, loin devant le PS, qui
s’effondre. Les listes Europe Écologie réalisent une percée inédite. Le
Front de gauche devance le NPA.
Qu’importe
que les électeurs aient massivement boudé les urnes (autour de 60 %
d’abstention). Le mot d’ordre a commencé à circuler tôt, hier en début
de soirée, dans les rangs UMP : adopter un ton triomphaliste et se
réjouir bruyamment du résultat de la majorité présidentielle. À 20
heures, le parti sarkozyste, en tête, était crédité, selon plusieurs
sondages sorties des urnes, d’un résultat autour de 28 % (contre
16,64 % en 2004). Loin devant un PS donné autour de 17 %, suivi des
listes Europe Écologie, qui réalisent une percée, entre 15 et 16 %. Le
Front de gauche, à la même heure, était donné à 6,8 %, devant le NPA
(autour de 5 %). Le FN se situait aux alentours de 6 %, devant les
souverainistes de Libertas (environ 5 %). Quant au Modem, il recueille
un peu plus de 8 %, très en dessous du score de l’UDF en 2004 (11,96).
La droite au pouvoir espère tirer argument de cette première place
pour faire valoir la poursuite, voire l’accélération de ses politiques
libérales. « Nous avons réformé, même lorsque les oppositions étaient
fortes. (…) Nous n’avons pas cédé, et ce faisant nous donnons aux yeux
de l’Europe une image rénovée du modèle social français », s’était
vanté François Fillon jeudi soir, au Palais des sports, lors du dernier
meeting de l’UMP. Un autosatisfecit en forme d’avertissement, venu d’un
premier ministre qui s’est dit déterminé à se battre « pour la mise en
oeuvre du traité de Lisbonne ».
Le PS s’effondre
Cette lecture en trompe-l’oeil - une majorité d’électeurs s’est
prononcée pour des listes ouvertement hostiles à Nicolas Sarkozy - est
encouragée par le cinglant revers essuyé par le Parti socialiste. Les
insistants appels de Martine Aubry au « vote utile », dans la dernière
ligne droite de la campagne, n’auront pas été entendus. Alors qu’il
avait enregistré le score exceptionnel de 28,9 % des voix en 2004, le
PS perdrait la moitié de ses voix. Une tendance observable partout en
Europe, où les conservateurs, même au pouvoir, devancent dans de
nombreux pays une social-démocratie en crise. Il semblerait que cet
effondrement soit sensible jusque dans des bastions socialistes
traditionnels, comme dans le Nord, la région de la première secrétaire
du PS.
Percée verte
Indéniablement, l’un des points saillants de cette élection est la
percée réalisée par les listes Europe Écologie. Alors que les Verts
n’avaient obtenu, en 2004, que 7,41 % des suffrages, ils talonneraient,
cette fois, à la troisième place, le Parti socialiste, signe que la
préoccupation écologique s’est imposée comme une priorité dans une
importante frange de l’électorat. Une urgence écologique qui a relégué
à l’arrière-plan, aux yeux de nombreux citoyens, les options
idéologiques d’un Daniel Cohn-Bendit prompt, lors du mandat écoulé, à
appuyer certaines directives de libéralisation. En enrôlant José Bové
dans son rassemblement hétéroclite, l’ex-soixante-huitard est parvenu à
faire oublier la campagne acharnée qu’il mena en 2005 en faveur du
« oui » à la constitution européenne. Une campagne lors de laquelle il
n’hésita pas à faire estrade commune avec François Bayrou, qu’il
devance largement aujourd’hui après la lamentable empoignade qui les a
opposés jeudi soir sur le plateau de France 2.
Le Front de gauche
À gauche, les premières tendances semblaient confirmer la percée du
Front de gauche observée, en fin de campagne, par les instituts de
sondage. Avec un résultat autour de 6,5 %, cette coalition du PCF, du
Parti de gauche et de la Gauche unitaire, composée d’anciens militants
du NPA, ferait mieux que le score des listes emmenées, en 2004, par le
PCF (5,88 %). Le Front de gauche, boudé par les médias, récolte ainsi
les fruits d’une campagne de terrain axée sur les alternatives à
l’Europe libérale incarnée par le traité de Lisbonne. La « prime à
l’unité » lui revient finalement, alors que le NPA, qui a refusé de
rejoindre ce front unitaire, échoue à imposer son leadership à la
gauche du PS.
« Sa campagne a permis d’ouvrir un débat constructif sur les
conditions d’une alternative à gauche. La dynamique unitaire et
politique créée par cette campagne a suscité un intérêt croissant. La
démarche des listes du Front de gauche démontre qu’il y a une place
pour une gauche déterminée qui, dans le prolongement du mouvement
social, oeuvre à rendre meilleure la vie de nos concitoyens », a
commenté, hier en début de soirée, le Parti communiste.
La liste des 72 nouveaux députés européens français, élus dimanche
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- Listes Front de gauche (4) :
Jacky Hénin (Nord-ouest)
Jean-Luc Mélenchon (Sud-ouest)
Marie-Christine Vergiat (Sud-est)
Patrick Le Hyaric (Ile-de-France |
- Listes DVG (1) :
Elie Hoarau (outre-mer, parti communiste réunionnais)
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- Listes PS (14) :
Kader Arif (Sud-ouest)
Pervenche Bérès (Ile-de-France)
Françoise Castex (Sud-ouest)
Harlem Désir (Ile-de-France)
Estelle Grelier (Nord-ouest)
Sylvie Guillaume (Sud-est)
Liem Hoang-Ngoc (Est)
Stéphane Le Foll (Ouest)
Gilles Pargneaux (Nord-ouest)
Vincent Peillon (Sud-est)
Patrice Tirolien (Outre-mer)
Catherine Trautmann (Est)
Bernadette Vergnaud (Ouest)
Henri Weber (Massif central-Centre)
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- Listes EUROPE ECOLOGIE (14) :
François Alfonsi (Sud-est)
Sandrine Bélier (Est)
Malika Benarab-Attou (Sud-est)
Jean-Paul Besset (Massif Central-Centre)
José Bové (Sud-ouest)
Pascal Canfin (Ile-de-France)
Daniel Cohn-Bendit (Ile-de-France)
Karima Delli (Ile-de-France)
Hélène Flautre (Nord-ouest)
Catherine Grèze (Sud-ouest)
Yannick Jadot (Ouest)
Eva Joly (Ile-de-France)
Nicole Kiil-Nielsen (Ouest)
Michèle Rivasi (Sud-est)
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- Listes MODEM (6) :
Jean-Luc Bennahmias (Sud-est)
Sylvie Goulard (Ouest)
Jean-François Kahn (Est)
Corinne Lepage (Nord-ouest)
Robert Rochefort (Sud-ouest)
Marielle de Sarnez (Ile-de-France)
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- Listes UMP-NC (29) :
Damien Abad (Sud-est)
Jean-Pierre Audy (Massif central-Centre)
Michel Barnier (Ile-de-France)
Dominique Baudis (Sud-ouest)
Christophe Béchu (Ouest)
Nora Berra (Sud-est)
Sophie Briard-Auconie (Massif central-Centre)
Alain Cadec (Ouest)
Jean-Marie Cavada (Ile-de-France)
Arnaud Danjean (Est)
Rachida Dati (Ile-de-France)
Joseph Daul (Est)
Gaston Franco (Sud-est)
Marielle Gallo (Ile-de-France)
Jean-Paul Gauzes (Nord-ouest)
Françoise Grossetête (Sud-est)
Pascale Gruny (Nord-ouest)
Brice Hortefeux (Massif central-Centre)
Philippe Juvin (Ile-de-France)
Alain Lamassoure (Sud-ouest)
Véronique Mathieu (Est)
Elisabeth Morin-Chartier (Ouest)
Maurice Ponga (Outre-mer)
M. Dominique Riquet (Nord-ouest)
Tokia Saïfi (Nord-ouest)
Marie-Thérèse Sanchez-Schmidt (Sud-ouest)
Michèle Striffler (Est)
Christine de Veyrac (Sud-ouest)
Mme Dominique Vlasto (Sud-est)
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- Listes Libertas (1) :
Philippe de Villiers (Ouest)
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- Listes FN (3) :
Bruno Gollnisch (Est)
Jean-Marie Le Pen (Sud-est)
Marine Le Pen (Nord-ouest)
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