"Grand emprunt" : les investisseurs vont gagner quand les Français vont payer22
milliards d’euros seront levés sur les marchés, pour remettre "du
carburant dans l’économie" dixit Sarkozy. Ce sont les Français qui le
paieront in fine, puisque les services publics devront financer les intérêts de l’emprunt par des suppressions de postes.
Les réactions à gauche. Cet emprunt sera financé à hauteur de 13 milliards par les remboursements des banques aidées par l’Etat pour faire face à la crise, le reste (22 milliards) étant levé sur les marchés, "avec les meilleurs financements".
L’Etat va donc s’endetter de plus de 20 milliards d’euros alors que les cadeaux fiscaux aux contribuables les plus riches, n’ont cessé de s’accumuler depuis deux ans, sans qu’ils soient remis en cause. "L’absence de tout volet social dans cet emprunt est préoccupante. Comme si l’on pouvait préparer l’avenir en ignorant les besoins sociaux, les exigences de qualification, l’amélioration des conditions de travail, la satisfaction des besoins de santé publique.", a ainsi réagi la CGT. Les réactions à gauche :Jean-Marc Ayrault (Parti socialiste) Le grand emprunt annoncé par le président de la République présente la double caractéristique d’avoir singulièrement rétréci au lavage, ce qui rend son efficacité des plus aléatoires, et de grossir la dette, avec tous les risques que ce soient les ménages et les collectivités locales qui aient à acquitter la facture […] L’aveu présidentiel que l’investissement public a été sacrifié ces dernières années aurait pu, aurait dû, être l’occasion d’une refonte complète de la politique de défiscalisation à fonds perdus menée depuis plusieurs années par le pouvoir UMP en faveur des fortunés. Il n’en a rien été. Pierre Laurent (Parti communiste français) Le président de la République promet d’allouer des ressources supplémentaires à des priorités au nom évocateur (enseignement supérieur, recherche, innovation, environnement…). Mais, en réalité, sous couvert de « campus d’excellence », de « filières d’excellence », « d’internats d’excellence », il s’agit de financer des stratégies pilotées par les seuls intérêts des grands groupes de l’industrie et de la finance. La formation, l’innovation, la recherche seront poussées à se rentabiliser au détriment de logique de développement pour toute la société. […] Il s’agit d’aller puiser dans la poche des Français de quoi « compenser » les milliards débloqués au bénéfice exclusif des banques à l’automne dernier et les cadeaux aux riches qui continuent d’être exonérés de contribution via le bouclier fiscal. Un véritable chèque en blanc est ainsi demandé aux Français. Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche). Le recours à l’emprunt prépare de nouvelles coupes sombres dans les services publics, puisque les ministères devront financer les intérêts de l’emprunt par des économies et donc des suppressions de postes. Le gouvernement a déjà supprimé 100 000 postes de fonctionnaires depuis 2007, c’est donc la continuité de l’État et du service public qui est maintenant directement menacée. Les priorités affichées de cet emprunt ne vont faire qu’aggraver les méfaits actuels de la politique du gouvernement. Exemples : la mise aux normes anglo-saxonnes des universités avec 8 milliards pour quelques pôles d’excellence au détriment de la formation du plus grand nombre, de nouvelles aides aux entreprises sans véritable contrepartie pour l’emploi, les salaires et la conversion écologique de la production et enfin la désastreuse priorité donnée au nucléaire au détriment de toute alternative énergétique véritable. |