Face au
désastre, les grands de la terre se réunissent en urgence (G4, G7,
Eurogroupe…) pour renflouer le système financier. Des sommes
fabuleuses, qui se comptent en milliers de milliards de dollars, sont
mobilisées par les Etats pour boucher les trous aux frais des
contribuables. Mais rien n’y fait jusqu’à présent. La sphère financière
s’affole et les bourses connaissent un plongeon sans équivalent.
Cette crise d’ampleur historique ne s’arrêtera pas à la
sphère financière. L’immobilier, par où la crise a démarré, est déjà
touché de plein fouet. Si on ne fait rien d’efficace, la crise bancaire
va mettre en très grande difficulté les PME, et toute l’activité
productive. Avec d’importantes conséquences sur le chômage, déjà en
hausse très nette depuis l’été. L’économie mondiale est entrée en
récession. Elle risque de prendre une ampleur catastrophique, affectant
les salaires, l’emploi, les retraites, le logement, l’accès à la santé,
les services publics. C’est la vie quotidienne de chacune et chacun
d’entre nous qui est menacée.
Les mesures annoncées aujourd’hui par le Président de
la République, après la réunion hier de l’Eurogroupe, la mobilisation
de milliards d’euros pour sauver les banques ne s’attaquent pas aux
choix et aux pratiques qui ont conduit à la catastrophe d’aujourd’hui.
Le Président de la République en appelle à « l’union
nationale ». Mais il propose que cette union se fasse autour des
recettes libérales qui sont à la racine même de la crise en favorisant
une nouvelle fois un système irresponsable. Ces mesures sont absolument
insuffisantes. Il est complètement vain de prétendre « moraliser » le
capitalisme. C’est le système lui-même qui est en crise parce qu’il est
obsédé par les profits, la rentabilité et l’enrichissement de quelques
uns au détriment de l’intérêt général, du développement de toutes et
tous, et de la préservation de la planète. Un système qui va de crise
en crise : sociale, alimentaire, écologique, financière, et nourrit des
tensions et des conflits de plus en plus graves.
Dans la très grave situation où nous sommes, le Parti
communiste appelle les citoyennes et les citoyens, les militants
syndicalistes et associatifs à se mobiliser sous toutes les formes
possibles. Il appelle les économistes de gauche qui veulent contribuer
à ce mouvement à travailler ensemble pour faire émerger des
propositions fortes et convergentes. Il appelle les personnalités et
les forces politiques de gauche à se rassembler d’urgence pour porter
ensemble un plan de mesures efficaces pour stopper et sortir de la
crise. Et dessiner ainsi une alternative politique de gauche forte et
audible.
Dans les jours qui viennent, il organisera mille
rencontres dans tous le pays afin de débattre avec toutes celles et
tous ceux qui le souhaitent des véritables solutions à la crise. Dès
aujourd’hui, il lance une pétition visant à soutenir cette démarche et
de premières propositions :
Mesures d’urgence
1. Il faut des mesures efficaces et justes pour sauver le système de crédit,
vital pour notre économie. Mais en prenant des garanties contraignantes
à l’égard des spéculateurs qui sont responsables de cette crise.
Pas d’argent public sans pouvoir de gestion.
S’il doit venir au secours d’un établissement financier , comme Dexia,
l’Etat doit pouvoir contrôler sa stratégie et sa gestion. Et quand il
l’estime justifié, compenser l’aide apportée par une nationalisation
durable de ses actifs sains, contribuant ainsi à la constitution d’un
grand pôle financier public.
Organiser et exiger la transparence absolue du système bancaire.
L’argent et la monnaie sont des biens communs, nécessaire
à tous. Ils doivent être maîtrisés par tous
les citoyens
Suppression du bouclier fiscal pour les plus riches.
Refus de toutes nouvelles privatisations, à commencer par celle de La Poste, qu’il faut stopper de toute urgence.
Plan de développement et de modernisation des services publics
Augmentation des salaires et des pensions
2. On trouve des centaines de milliards pour sauver le
système financier. Un effort équivalent peut et doit être fait pour les
simples gens dont l’activité et la consommation sont le cœur vital de
l’économie. Il faut pour cela des mesures d’urgences permettant de rétablir vraiment la confiance en protégeant les salariés et les familles.
Garantie
absolue des dépôts bancaires des petits et moyens épargnants : cette
mesure doit être prise dans toute l’union européenne dès le Conseil du
15 octobre.
Garantie des rémunérations en cas de licenciement
Garantie
du logement, interdisant les expulsions, y compris pour les
accédants touchés par la crise des crédits relais.
Des réformes de fond pour s’attaquer à la logique folle du capitalisme.
1. Réorienter l’argent vers l’économie réelle. Nous proposons de réunir immédiatement un Grenelle du développement,
avec tous les acteurs sociaux et économiques, pour décider des moyens
de réorienter l’argent vers les salaires et le pouvoir d’achat,
l’emploi et la formation, l’investissement, la santé, l’éducation et la
recherche et toutes les dépenses socialement utiles.
2. Créer un grand pôle public du crédit.
Autour de la banque des Dépôts et Consignations, des Caisses d’épargne,
des banques mutualistes, de l’Oséo, de la banque postale, et les
banques privées qui seraient renationalisées, ce pôle public doit avoir
pour mission d' impulser une politique de crédit favorisant
l’investissement utile, et pénalisant lourdement les crédits à visée
spéculative.
3. Contrôler les mouvements de capitaux.
Il faut revenir sur l’aberrante liberté de circulation des capitaux qui
alimente l’incendie financier. Dans le même sens, il faut engager une lutte acharnée contre les paradis fiscaux,
dont l’existence, au sein même de l’Europe, permet
à des capitaux considérables d’échapper
à tout contrôle.
4. Aller vers un nouveau traité fondateur de l’Union européenne.
La banque centrale européenne, aujourd’hui esclave des marchés
financiers, doit être mise au service du développement de l’industrie
et des services. En remettant en cause son « indépendance » à l’égard
des pouvoirs politiques. Mais aussi en allant vers un nouveau traité
mettant fin au pacte de stabilité, au dogme de la « concurrence libre
et non faussée, et au choix du dumping social et fiscal.
5. Mettre le poids de la France et
de l’Europe au service d’une refonte des institutions internationales à
vocation économique et financière.
Ayant pour but de favoriser un co-développement durable de tous
les peuples, cette refonte doit s’accompagner de la création d’une monnaie commune mondiale mettant fin à l’hégémonie désastreuse du dollar.
Relevé de décision du Comité Exécutif National
Parti communiste français