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Plus
de 130.000 personnes sont descendues dans la rue mardi dans de
nombreuses villes de France à l’appel de six syndicats exhortant les
salariés à se mobiliser "face à la crise."
La crise financière s’est invitée mardi dans les cortèges qui ont réuni en France plusieurs milliers de personnes à l’occasion de la première "Journée mondiale sur le travail décent" couplée à un appel de six syndicats, sur fond d’inquiétude exacerbée par la hausse du chômage. Dans le cadre de cette journée, la CGT, la CFDT, la CFE-CGC, la FSU, Solidaires et l’Unsa ont privilégié les manifestations sur des thèmes comme l’emploi ou les salaires plutôt qu’un appel national à une grève, jugée trop pénalisante pour le pouvoir d’achat en ces temps difficiles. FO et la CFTC n’ont pas rejoint l’appel, refusant d’inclure des revendications nationales dans une journée de solidarité internationale. Décidée en 2006, cette journée mondiale a pris une résonance particulière avec la crise financière et la forte hausse du chômage en France (+2,2% en août par rapport à juillet) alimentée par de nombreux plans sociaux, notamment dans l’automobile et la banque. Lors d’une prise de parole, place du Trocadéro, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, a déclaré que "plus de 100.000 personnes" avaient participé à ces défilés alors que seulement 2/3 des relevés des participations avaient été pris en compte. La CGT, la CFDT, la CFE-CGC, la FSU, Solidaires et l’Unsa avaient couplé l’appel de la confédération syndicale internationale (CSI) à cette journée mondiale avec un appel à manifester dans toute la France pour l’emploi, les salaires, les conditions de travail ou encore les services publics. A Paris, le défilé a réuni près de 15.000 personnes entre la place de l’Alma (8è) et la Place du Trocadéro (16è), où les secrétaires généraux de la CSI, Guy Ryder, et de la Confédération européenne des syndicats (CES), John Monks devaient prendre la parole. Première riposte syndicaleCertains syndicalistes, comme Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, ont voulu voir dans cette mobilisation une "première riposte syndicale coordonnée à l’échelle mondiale à la crise internationale." Pour François Chérèque, dirigeant de la CFDT, cette mobilisation est d’autant plus nécessaire qu’une "crise sociale" se profile derrière la tourmente financière. "Le mouvement syndical international a voulu exprimer cette crainte sociale", a-t-il dit sur Canal+. A Paris, 20 000 personnes ont défilé entre Alma-Marceau et le Trocadéro, où devait se tenir un rassemblement international, en présence des secrétaires généraux de la Confédération syndicale internationale (CSI) et de la Confédération européenne des syndicats (CES), Guy Ryder et John Monks. "Dans le contexte difficile où l’on tente de persuader les salariés que ce n’est pas le moment de présenter des revendications, je considère que cette journée est une réussite", a déclaré le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault au départ de la manifestation. "On ne parle que des banques et pas des conséquences économiques et sociales de cette crise, on les voient pourtant déjà avec des plans sociaux et des fermetures d’usines : il y a des conséquences sociales qui se préparent et le syndicalisme international est là pour dire ce qui se passe et aider les salariés", a souligné son homologue de la CFDT François Chérèque. "Banquier, spéculateur = voleur, l’argent qu’on a gagné, aux travailleurs !", scandaient des manifestants. La plupart des syndicats français dénoncent la "passivité" et le "manque de sincérité" de l’exécutif face à la crise financière comme à la hausse du chômage. A leurs yeux, les annonces de ces derniers jours de Nicolas Sarkozy sont de la pure agitation destinée à occuper le terrain alors qu’il y a urgence à prendre des mesures de soutien à la consommation. Le gouvernement a confirmé la semaine dernière une brusque aggravation du chômage - 41.300 demandeurs d’emploi en plus en août, la plus mauvaise statistique mensuelle depuis mars 1993. Cependant, le front syndical reste désuni, puisque ni Force ouvrière, ni la CFTC n’ont suivi le mot d’ordre à manifester. Même si Force ouvrière devait participer à l’initiative en soirée place Trocadéro. Cette journée organisée sur le plan mondial par la Confédération syndicale internationale était suivie dans 500 villes du globe et 87 en France. A Marseille, Nantes, Lyon, Toulouse, etcCertains défilés ont débuté en milieu de matinée, comme à Marseille, où 20.000 personnes sont descendues dans la rue. 6.000 à Nantes, 5.000 à Lyon, 4.500 à Toulouse, 4.000 à Lille, à Bordeaux, 500 à Douai, etc. "Ce n’est pas aux salariés, ni au monde du travail, à payer le coût de la crise financière mondiale. Si on veut sortir de la récession, il faut activer tous les leviers sociaux et augmenter les salaires", a déclaré en tête du cortège la secrétaire départementale de la CGT, Mireille Chiessa. A Toulouse, les manifestants, parmi lesquels se trouvaient des salariés d’entreprises privés (Continental, Sanofi-Aventis ou Airbus), se sont rendus jusqu’à la préfecture. En tête de défilé s’était rassemblée une délégation de "sans-papiers mais travailleurs de la construction en lutte". Une importante délégation d’enseignants, la plupart habillés de noir, réclamaient le maintien des réseaux d’aides spécialisées aux enfants en difficulté (Rased) ou défendait l’école maternelle. A Paris, après avoir été rejoint par le cortège "éducation", plusieurs dizaines de milliers de personnes ont commencé à défiler dans l’après-midi du métro Alma-Marceau pour rejoindre la place du Trocadéro où devait avoir lieu un meeting en présence de syndicalistes de 14 pays européens. Les appels à la grève, lancés pour la plupart par la CGT et Sud, ont été diversement suivis. Selon la direction de la SNCF, aucune perturbation n’était signalée mardi matin au niveau national et "seulement quelques retards au niveau régional", notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon, Aquitaine et Centre. Dans l’Education nationale, la FSU, la plus importante fédération de l’Education, avait déposé un préavis de grève nationale dans le second degré. Son syndicat, le SNUipp, a appelé à la grève dans une trentaine de départements et affirme que les taux de grévistes vont de 10 à 55% selon les départements. "On a, par exemple, la Seine-Saint-Denis qui compte 50% de grévistes, mais on a aussi le Finistère avec 50%, la Haute-Garonne, l’Hérault, le Loiret qui vont compter de nombreux grévistes", a affirmé son secrétaire général, Gilles Moindrot, sur France Info. |