MIKEL ARANA

Chers amis et amies, bonjour à tous. C'est avec plaisir qu'Esker Batua-Berdeak (Gauche unie et Verts) participe à cette rencontre avec le Front de gauche, lui-même membre de la grande coalition des formations de gauche qui se présentent à ces élections européennes.

En premier lieu, je veux souligner avec fierté que le Parti de la Gauche européenne est le seul, sur tout le vieux continent européen, à présenter un projet global pour l'Europe. Aucune autre formation politique, aucune autre grande coalition, aucun autre grand parti n'a établi, de manière collective comme nous le faisons, une feuille de route pour chacun des 27 Etats qui composent l'Union européenne. Penser globalement et agir localement, voilà notre mot d'ordre.

Les citoyens européens et dans notre cas les Basques doivent clairement saisir l'importance de ces élections. Dans un contexte de crise économique globale, dont la virulence frappe tout particulièrement les plus démunis, il est vital qu'existe une gauche forte au Parlement européen pour les représenter; une gauche qui défende les être humains et non la banque et le grand capital.

En ce moment même, nous voyons comment le conservatisme le plus exacerbé s'installe dans les différents pays de l'Union européenne: Sarkozy en France, Berlusconi en Italie, Angela Merkel en Allemagne et bientôt Cameron en Grande-Bretagne, tous pays membres du G20, c'est-à-dire les pays qui gouvernent le monde et dont les politiques néolibérales pratiquent la libre circulation du capital, la libéralisation des marchés, la réduction de l'investissement public, la baisse des salaires, la déréglementation du code du travail et la privatisation des services publics.

La majorité de ces décisions sont adoptées lors des sommets européens , avec des incidences sur notre porte-monnaie et notre budget familial.

A notre avis, il s'agit là d'une stratégie totalement erronée. Promouvoir l'accumulation de bénéfices colossaux pour les grands groupes économiques et financiers, former de grands monopoles et détériorer les conditions de vie des salarié(e)s et des peuples ne conduisent qu'au mécontentement social, à la destabilisation politique et, par conséquent, cela entraîne les mobilisations de rue indispensables.

En ce sens, je dois dire en toute sincérité que seules les organisations véritablement de gauche, les groupes progressistes et les mouvements altermondialistes peuvent en finir en Europe avec la domination des conservateurs, des libéraux, des socio-démocrates et des verts de droite.

Pour le Parti de la gauche européenne, les choses sont claires: socialisons les bénéfices et privatisons les pertes pour ceux qui sont les véritables coupables de la situation économique actuelle.

Notre objectif, c'est une Europe des personnes, de la coopération, du progrès social, de l'égalité, du respect de l'environnement, de la démocratie, de la solidarité et de la paix, une Europe démilitarisée.

Nous sommes pour une Europe laïque, face à la tendance à imposer un traitement discriminatoire en faveur d'une “Europe chrétienne”.

C'est pourquoi, pendant les prochains jours et jusqu'au 5 juin, nous nous attacherons à faire comprendre aux citoyens, les Basques pour ce qui nous concerne, l'importance de tout premier plan que revêtent ces élections et leur conséquence sur notre vie quotidienne.

En quoi cela nous touche-t-il? Entre autres, c'est l'Europe qui décide que nous devions passer 45 minutes au contrôle de l'aéroport et que nous devions ôter nos chaussures pour des raisons de sécurité. C'est elle aussi qui décide notre politique monétaire, les aides au secteur agricole, les quotas de pêche, de lait et de vin. En définitive, les libertés politiques et civiles sont subordonnées à la liberté économique...du marché et à une conception de plus en plus policière et pénale de la “sécurité”.

Et, plus important encore, l'Europe détermine combien nous allons payer pour l'hypothèque de notre maison à travers l'euribor. C'est la Banque centrale européenne qui établit ce taux. Cependant, elle ne fixe aucune obligation aux entités financières pour que, lorsque cet organisme baisse l'euribor, les banques fassent la même chose dans leurs pays respectifs.

Ainsi, on trompe les citoyens en leur faisant croire que lorsque le taux européen baisse, notre hypothèque baissera aussi. Mais c'est faux, cette marge de profit , comme toujours, va à la banque.

Le panorama est clair, l'Europe est à droite, et il se trouve qu'en Espagne, le modèle que suit Zapatero est lui aussi de droite. Sa solution est totalement erronée car il continue à soutenir que le système capitaliste libéral était et est le meilleur, que la croissance sans limite est possible et que nous pouvons ignorer son impact sur l'environnement.

Zapatero a deux idées fixes pour solutionner la crise: l'une est d'injecter des aides au secteur financier et aux entreprises, et l'autre de se glisser sur la photo aux côtés des responsables du G20, avec l'aide de Sarkozy, pour ensuite rester muet comme Harpo Marx.

Soyons clairs, nous ne critiquons pas le fait que l'Espagne se rende aux réunions du G20 mais plutôt le fait que pour pouvoir apparaìtre sur la photo, son président accepte de se taire. Voilà ce qui ne nous convient pas.

Ce qui ne nous convient pas non plus, c'est le processus qui conduit à la consolidation d'une Europe impérialiste disposée à concurrencer les Etats-Unis tout en les appuyant, contre les travailleurs du “Nord” et les peuples du “Sud”.

C'est pourquoi, je le répète, il faut convaincre les électeurs que ces élections sont vitales pour leurs intérêts les plus intimes: leur bien-être et leur sécurité. Qu'ils doivent aller voter et remplir les urnes de bulletins rouges: les bulletins de l'égalité des droits pour toutes et tous; les bulletins des libertés, de la démocratie et de la justice sociale.

Car l'actuelle Union européenne, de plus, ne respecte pas non plus l'Europe des peuples, l'Europe de la coopération entre les nations sans Etat, entre les citoyens ayant des racines culturelles identiques comme c'est le cas au Pays Basque. L'Europe ne reconnaît pas le caractère plurinational de nombre de ses Etats membres, elle exige le respect de l'”intégrité territoriale”de chaque Etat; car elle refuse le droit à l'autodétermination des peuples qui le demandent et refuse l'officialité à l'Euskera, ce qui menace l'avenir de notre langue.

Le nouveau président basque, le socialiste Patxi Lopez, disait le 5 mai dernier lors de son discours d'investiture que son gouvernement sera le leader du consensus, de la transversalité et de la participation citoyenne.

Et bien, c'est précisément ce que veulent Ezker Batua-Berdea et la coalition Gauche européenne, tant pour Euskadi que pour le reste de l'Europe, si nous voulons que véritablement les citoyens se sentent impliqués dans la construction de l'Union européenne.

Nous voulons pour cela que soit respectée la volonté des peuples et que, comme en Suisse, les citoyens soient consultés par référendum sur toutes les questions qui les touchent directement.

Par exemple, en Euskadi, des questions comme les grandes infrastructures, les incinérateurs ou les investissements budgétaires.

Pour terminer, un message: le 7 juin prochain, décidons, toutes et tous, vers où nous voulons aller. La réponse ne peut être ni la résignation ni l'abstention. Il existe des alternatives par la lutte commune, que ce soit dans la rue ou au Parlement, avec les diverses forces politiques, syndicales et les mouvements sociaux.

Mais pour cela, nous devons susciter la confiance, nous avons besoin de la force et de l'appui des citoyens. Nous avons besoin que les électeurs fassent confiance à notre programme. Mais ne nous trompons pas, nos électeurs seront ceux qui feront le choix de construire une Europe sociale respectueuse des droits, préservant l'espace public en tant qu'élément de cohésion sociale, en vue d'une Europe plus juste et solidaire, par la redistribution des richesses.

Pendant cette campagne, nous devons transmettre nos idées et être capables de faire naître la confiance parmi les citoyens.

Merci beaucoup à toutes et à tous.