Quand le logement social devient une marchandise.

 

15/02/2010 

Souvent prompt à épouser les dogmes les plus libéraux, synonyme de tant d'injustice sociale, Didier Borotra s'illustre une fois de plus dans l'affaire de la vente de la SOGICOBA.

Si certains présidents d'office HLM s'inquiètent et commencent à mesurer les conséquences des regroupements des opérateurs du logement social au niveau national et interrégional en de grands groupes pouvant aller de 100 000 à 200 000 logements, voulu par le gouvernement, le maire de Biarritz lui n'a pas hésité à franchir le pas sans état d'âme.

La SOGICOBA société d'économie mixte, dont 93% des actions sont détenues par la ville et le CCAS, gère le parc social de la ville.

Elle souffre d'un sous-financement chronique et a du mal à réaliser les programmes  de logements sociaux qui font tant défaut à la ville afin de respecter la loi SRU.

La question du logement social n'étant pas une priorité municipale, on ne finance pas ce secteur à hauteur de ses besoins. On préfère des investissements de prestige, c’est mieux pour l'image de Biarritz.

La mairie a fait son choix. Elle vend à une structure plus importante, pour se désengager.

Ce qui pose inquiétude et interrogation

- cette nouvelle stucture, ERILIA, ne sera-t-elle pas tentée par la vente de logement locatif comme le préconise le gouvernement? Le Maire a-t'il sécurisé ces logements pour qu'ils restent en locatifs? Car c'est du logement locatif à loyer abordable dont nous avons besoin en priorité.

- a-t'il exigé, afin de lutter contre la précarité énergétique, la rénovation thermique de ces batiments, de façon à diminuer la consommation d'énergie et la facture pour les locataires? Il y a fort à parier que la réponse est non.

Les seuls gagnants dans cette opération :

-c'est le maire qui a trouvé une astuce pour  disposer d'une rentrée d'argent qui est le bienvenue pour l'élaboration de son budget,

- et la société ERILIA qui n'a certainement pas perdu de vue que le gouvernement souhaite vendre10% du parc HLM sur 10 ans.

A partir du moment où l’on autorise la vente de logement HLM les pratiques spéculatives vont se multiplier, et l'offre locative, déjà insuffisante, va se réduire.

.En décidant de vendre ce parc immobilier le maire met le doigt dans un engrenage qui s’emballe (ex: le devenir des deux immeubles de la Milady). On aura tous compris, c'est le logement social locatif qui risque d'être sacrifié. 

C'est très grave de conséquences.

Face à cette logique marchande qui devient la règle les communistes font des propositions:

- Pour mettre en œuvre une politique nouvelle en rupture franche avec la conception marchande du logement, il y a besoin de construire un outil moderne et efficace.

Un outil qui incarne ce projet politique et qui permet de  mettre en application le droit au logement pour tous, partout et à tous les moments de la vie.

Cet outil, c'est un service public du logement de l'habitat et de la ville. Un service public national et décentralisé.

       

                                                  Yvette Debarbieux.    15/ 02/ 2010