Tocsin autour des vaccins
Grippe A . Sont-ils utiles ? Ou au contraire pires que le mal ? Seront-ils prêts à temps ?
À qui doivent-ils être destinés en priorité ? De nombreux doutes subsistent quant aux vaccins.
Alors
qu’un sondage IFOP réalisé du 3 au 4 septembre révèle que plus d’un
Français sur deux (55 %) envisage de se faire vacciner, de nombreuses
questions subsistent. Premiers à réagir sur le sujet, les infirmiers du
Syndicat national des personnels infirmiers (SNPI), affilié CFE-CGC,
ont ouvert le débat et affirment vouloir « faire bouger les lignes ».
Un vaccin potentiellement dangereux ?
Le 1er septembre 2009, dans un communiqué, le SNPI
alertait sur la
dangerosité d’un vaccin développé trop
rapidement. Pour lui, les 94
millions de doses commandées contiennent un adjuvant susceptible
de
déclencher des maladies auto-immunes. À la suite à
cela, la ministre de
la Santé, Roselyne Bachelot, a déclaré, le 2
septembre, lancer une
commande de vaccins H1N1 sans adjuvant pour les populations sensibles
(nourrissons, femmes enceintes et personnes souffrant
de pathologies auto-immunes). Contacté jeudi, le
ministère n’avait,
hier, toujours pas répondu à nos questions sur les
délais de livraison
de ces doses sans adjuvant, les quantités commandées et
les
laboratoires concernés.
Vaccinations à la chaîne ?
Reçu le 3 septembre par des représentants
du ministère de la santé, le SNPI
a réclamé qu’un document de
« consentement éclairé comme pour les
médicaments expérimentaux » soit
proposé à chaque candidat à la
vaccination de façon à le prévenir des risques
qu’il encourt. Une telle
disposition est pour l’heure impossible à mettre en place,
selon
Thierry Amouroux, secrétaire général du syndicat.
La raison ? Les
conditions de vaccination édictées par la circulaire du
21 août 2009,
signée par Brice Hortefeux. Le texte fait état d’un
objectif de « 30
injections par heure et par agent vaccinateur ». Et indique
que les
personnes qui n’auraient déclaré aucun facteur de
risque « doivent être
admises directement dans la chaîne de vaccination ».
Pour le syndicat
infirmier, « les Français ne sont pas du
bétail ». Et le traitement à
la chaîne ne cadre pas avec la mission de soin attendue des
personnels
de santé du service public.
Prêts à temps ? Prêts pour qui ?
Vendredi dernier, le Parisien révélait une
liste des publics
prioritaires pour la vaccination, établie par le comité
de lutte contre
la grippe qui regroupe, sous la tutelle du ministère de la
Santé, 21
personnalités du monde médical. Selon ce document, 15
millions de
personnes seraient prioritaires : femmes enceintes, enfants entre
six
mois et deux ans, malades chroniques et personnels de santé et
de secours. Cependant, les membres du SNPI envisagent de suivre
l’exemple de leurs confrères britanniques, dont 30 %
ont refusé de se
faire vacciner. Le syndicat a même lancé une consultation
interne sur
la question et rendra publiques ses conclusions dans la semaine. Le
Haut Conseil de la santé publique (HCSP) doit rendre
aujourd’hui un
avis destiné à aider le ministère à
établir une stratégie globale de
vaccination. Laquelle sera soumise à Matignon et à
l’Élysée, qui
devront trancher les différents points en suspens
« dans la deuxième
quinzaine de septembre ».
|