Cahors,
envoyé spécial.
Depuis la dernière rentrée, la municipalité de Cahors (Lot) ne
contribue plus au fonctionnement des écoles maternelles privées. Cette
décision met fin à une pratique de quarante ans. L’adjointe à la vie
scolaire et à la jeunesse, Marie Piqué, est à l’origine de ce
changement de politique. L’élue communiste a reçu le soutien du maire
Jean-Marc Vayssouze-Faure (PS) et de toute la majorité municipale.
Ainsi, la ville de Cahors (23 000 habitants) ne verse plus le total de
58 684,20 euros aux deux maternelles privées sous contrat d’association
-soit 624,30 euros pour chacun des quatre-vingt quatorze élèves
inscrits dans ces établissements catholiques. « Cette somme est
réinjectée dans le budget scolaire », précise Marie Piqué.
Ces 58 684,20 euros, récupérés à l’enseignement privé confessionnel,
semblent une somme bien modeste comparés aux besoins des écoles
publiques cadurciennes. Le seul plan de remise à neuf de ces bâtiments
-d’ici 2014- s’élève à 6,2 millions d’euros. Pour Marie Piqué, il ne
s’agit pas seulement d’une question d’argent, c’est aussi une affaire
de valeurs politiques : « J’assume le choix de la laïcité, de l’école
de la République, à une époque où on oublie un peu la séparation de
l’Eglise et de l’Etat. »
Si la décision de la ville de Cahors respecte la loi, qui n’oblige
pas à financer les maternelles privées, elle a bien entendu provoqué un
tollé à droite. Le conseil municipal du 26 juin 2009, qui délibéra sur
cette question, fut très animé. Les élus de droite accusèrent Marie
Piqué de « discrimination ». L’hebdomadaire catholique la Vie
Quercynoise, d’habitude de meilleure tenue, dans un article intitulé La
guerre des écoles relancée à Cahors ?, sombra dans une hallucinante
logorrhée anticommuniste et attaqua violemment Marie Piqué : « C’est
une communiste fervente. De Staline à Castro, elle n’a pas perdu le
fil » (1).
« Tout a été décidé en concertation, répond l’adjointe à la vie
scolaire. J’ai rencontré les parents d’élèves, les syndicats
d’enseignants, tous les protagonistes de l’école. Dans les rues de
Cahors, personne ne m’interpelle pour me reprocher cette décision. Au
contraire, des enseignants m’ont contactée pour m’encourager dans cette
voie. »
Bruno Vincens
(1) 2 juillet 2009.
Votée le 28 septembre par l’Assemblée, le texte du sénateur UMP
Jean-Claude Carle devrait bientôt obliger les municipalités françaises
à financer les écoles privées d’autres communes, si leurs résidents ont
choisi d’y scolariser leurs enfants. A droite, seul le député UMP
Pierre Cardo avait voté contre.