24 heures de campagne dans le CentreRégionales. Une journée
de campagne en
Indre-et-Loire avec
les candidats
du Front de gauche et
Marie-France Beaufils, tête de liste.
en région Centre.
Le parti pris de la proximité. À l’image de leur tête de liste du Front de gauche en région Centre – Marie- France Beaufils, sénatrice et maire communiste de Saint-Pierre-des- Corps en Indre-et-Loire –, les candidats et militants se sont engagés dans un patient travail de terrain pour « écouter, discuter, proposer, mobiliser les citoyens, les électeurs afin de battre la droite et remporter une gestion bien à gauche de la région ». Colère à l’hôpital d’AmboiseIl est midi et il fait un froid de
canard, ce mercredi 10 février. Marie-
France Beaufils et Jean-Michel
Baudin, vice-président communiste
de la région Centre, sont présents à
l’entrée de l’hôpital Robert-Debré,
à Amboise, pour rencontrer le personnel
au moment du changement
d’équipes. Si les échanges sont brefs
sous les premiers flocons de neige qui
tombent, ils sont cependant porteurs
de colère. Celle de ceux qui n’acceptent
pas la casse de l’hôpital public :
« Manque de chirurgiens, manque de
médecins, manque d’infirmières… »
Le constat est amer pour Bernadette
Joubert, infirmière depuis vingt-neuf
ans. Elle appelle à s’insurger « contre
la loi Bachelot » et se dit « contente de
rencontrer des élus qui restent proches
du monde du travail ». Arrive pour
prendre son service Marie-Christine,
« Kiki » pour ses collègues, aide-soignante
depuis vingt-huit ans. Elle a
la rage au ventre : « Ils multiplient les
contrats temporaires, abusent de la
situation, n’écoutent même plus les
syndicats ! » En s’éloignant, tract du
Front de gauche en main, elle lance :
« Nous en avons assez de ces politiques
qui veulent nous faire revenir au siècle
dernier pour nos conditions de vie et
de travail ! »
Inquiétude chez les paysansIl est 14 h 30. La neige tombe maintenant sans discontinuer. Les candidats du Front de gauche arrivent chez Serge et Dominique Daguet, producteurs laitiers à Montreuil-en-Touraine. Après avoir rapidement traversé la cour de ferme recouverte de neige, tout le monde se retrouve autour d’une grande table, près de la cheminée. Ils sont une dizaine de producteurs de lait, de viande, de volaille, de céréales, de fruits venus dire, eux aussi, leur colère « de ne pouvoir vivre dignement de leur travail », comme le dira Serge Daguet. Propriétaire d’une exploitation de 70 hectares, il produit avec 70 vaches, dont 48 louées, 500 000 litres lait. Pourtant dit Dominique, sa femme, « nous avons perdu 23 000 euros en 2009 » et « nous devrons maintenant emprunter à 3 % pour passer le cap ». Sans être sûrs de la suite : « On nous achète le lait en dessous des coûts de production, soit 290 euros les mille litres alors qu’il faudrait, au minimum, 350 euros. » Chacun peut faire le rapport avec le prix du litre de lait payé par les consommateurs. Même son de cloche chez Mathieu
Guillou, producteur de fruits,
qui constate : « Il n’y a pas de limite…
ils sont prêts à tout pour payer nos
fruits au plus bas prix. » Et d’expliquer
« les centrales d’achat achètent à l’internationale
des fruits à bas coût, les
stockent, les ressortent en septembre
pour nous obliger à baisser encore et
encore nos prix », ce qui leur permet
de gagner « quelques centimes supplémentaires
sur notre dos ». Plus de deux
heures de discussion. Chacun parle de
son travail, de ses difficultés, de ses
espoirs. Deux heures durant lesquelles
Marie-France Beaufils et Jean-Michel
Bodin prennent des notes, interrogent
et au final s’engagent à ce que « le
conseil régional, comme institution,
soutienne plus fortement les filières
agricoles » en utilisant comme levier,
par exemple, la restauration collective en lien avec les productions
locales, en agissant sur des
offres de formation de qualité pour
les jeunes, mais aussi contre la spéculation
foncière.
Contrôler l’utilisation de l’argent public18 h 30, salle Descartes à Amboise.
La nuit est tombée et le débat s’engage
sur les questions de l’emploi. Quelques
chiffres sur le département donnent la
mesure du problème : 1 600 ruptures à
l’amiable, 1 410 licenciements économiques
dans la dernière période… Et
cette question : « Comment peut-on
faire pour en sortir ? ». Pour Roger
Bunales, animateur d’une association
d’entraide, « il faut que ceux qui
licencient restituent l’argent que les
pouvoirs publics leur ont donné ».
Jean-Michel Baudin rappelle que
« dès 1998, alors dans l’opposition
au conseil régional dirigé par la droite,
nous avons obtenu la mise en place,
sur la base de la loi Hue, d’une commission
de contrôle des fonds publics
», avec de premiers résultats. Une
des premières décisions de la droite arrivée
au pouvoir en 2002 fut d’abroger
cette loi. Cependant, pour Jean-Michel
Baudin, « le chemin qu’on a ouvert
doit être poursuivi ». Ainsi, il propose
la mise en place « d’une conférence régionale
de l’économie et de l’emploi »
ouverte aux syndicats et aux citoyens.
Celle-ci devra, selon lui, « contrôler
l’utilisation de l’argent public versé
aux entreprises mais aussi aux organismes
de formation ». Le vice-président
sortant rappelle que « 23 % du
budget de la région est consacré à la
formation ». Or, constate-t-il, « 50 %
de ces organismes de formation ne
sont pas efficaces ».
|