
La flambée du
chômage fait plonger la Sécu
Selon les prévisions, le déficit
atteindrait 20 milliards d’euros
fin 2009. La dégradation de l’emploi fait fondre
les recettes.
L’urgence d’un vrai plan de relance
économique est soulignée.
La
crise fait plonger la Sécu. Selon les prévisions
de la commission des
Comptes publiées hier, le déficit du
régime général devrait doubler
cette année, passant de 10,2 milliards d’euros fin
2008 à 20,1
milliards. Toutes les branches seraient impactées, mais
c’est
l’assurance maladie qui enregistrerait la plus forte
dégradation des
comptes, avec un déficit de 9,4 milliards d’euros,
en hausse de 5
milliards sur 2008 (voir encadré). Principal
responsable ?
« L’effondrement des
recettes », constate la commission. Alors que,
lors du vote du budget 2009 de la Sécu, en septembre
dernier, il
tablait sur une hausse de la masse salariale de 2,75 %, le
gouvernement
prévoit maintenant, récession oblige,
qu’elle reculera de 1,25 %. Or,
l’emploi, les salaires, sont pour la Sécu le nerf
de la guerre.
Devant ces sombres
perspectives pour la Sécu, la ministre de la
Santé, Roselyne Bachelot, tentait hier de
« positiver ».
Selon les derniers chiffres de
l’Agence centrale des organismes de
sécurité sociale (ACOSS, banque de la
Sécu), au premier trimestre 2009,
la masse salariale, sur laquelle les URSSAF
prélèvent les cotisations,
s’est contractée de 2,2 %. Un
phénomène sans précédent
depuis la
création de la Sécurité
sociale : selon les séries statistiques de
l’INSEE, la masse salariale n’avait jamais
baissé depuis 1949 (à une
brève exception près, un trimestre en 1968 pour
cause de grève). Ce
recul est dû principalement à la disparition
d’emplois salariés, mais
aussi, note l’ACOSS, à la hausse du
chômage partiel. L’indemnité de
chômage partiel, à la différence du
salaire, est en en effet exonérée
de cotisations patronales, ce qui occasionne de lourdes pertes
à la
Sécu. Au premier trimestre, 183 000 salariés ont
subi du chômage
partiel.
Devant ces sombres perspectives pour la Sécu, la ministre de
la
Santé, Roselyne Bachelot, tentait hier de
« positiver ».
« Ce que je
note, c’est que notre protection sociale solidaire a
joué parfaitement
son rôle d’amortisseur social pour les plus
démunis, pour les plus
défavorisés », a-t-elle
déclaré.
« Oubliant » au passage les
nombreux
coups de canif portés par les gouvernements successifs ces
dernières
années dans la couverture sociale, et les funestes projets
de
« réforme » de
l’équipe Sarkozy-Fillon…
L’évocation
par le ministre du Travail, Brice Hortefeux, d’un
relèvement de l’âge de la retraite
à soixante-sept ans
Le déficit ne conduira pas le
gouvernement à « augmenter les
prélèvements sur les
ménages », a par ailleurs
affirmé la ministre de
la Santé. Dans un communiqué commun, Roselyne
Bachelot et Éric Woerth,
ministre du Budget, disent vouloir
« maîtriser » les
dépenses,
notamment en contrôlant davantage les indemnités
versées aux salariés
en arrêt maladie, les prescriptions des médecins
« gros prescripteurs »
ou
« l’exécution »
de certains crédits. Il est ainsi à craindre
qu’au
lieu d’ouvrir le chantier d’une réforme
du financement pour accroître
les ressources de la Sécu et conforter notre
système solidaire, au lieu
d’engager un véritable plan de relance susceptible
d’endiguer la vague
du chômage, le gouvernement utilise le déficit
record pour porter de
nouveaux coups aux droits des assurés. Les indices,
hélas !, ne
manquent pas, qu’il s’agisse de la mise en cause
des « abus » en
matière d’arrêt maladie, de l, ou du
discours récent de Nicolas Sarkozy
devant la Mutualité, affirmant que la Sécu ne
pourra « sans doute pas »
couvrir
« l’intégralité des
besoins nouveaux » (dépendance, maladies
chroniques), appelant ainsi à un plus grand rôle
des organismes privés…
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