
Cent ans et plus de luttes féministes

07/03/2010
8 mars 1910, 8 mars 2010. De l’initiative de Clara Zetkin et des
femmes socialistes à la conquête du droit de vote, du droit à disposer
de son corps à la revendication de l’égalité, le combat féministe
continue.
Cent
ans et plus… Olympe de Gouges, Flora Tristan ou Louise Michel, pour ne
citer qu’elles, se battaient il y a plus d’un siècle pour la liberté
des femmes et pour l’égalité avec les hommes. Mais c’est en 1910, à
l’initiative de Clara Zetkin et des femmes socialistes, qu’a été lancée
l’idée d’une journée symbolique proclamant par là même, pour la
première fois, la dimension internationale de cette lutte et la
nécessaire solidarité des femmes de tous les pays. C’est dans ce début
du XXe siècle qui a vu l’expansion d’un capitalisme industriel féroce
que, de New York à Saint-Pétersbourg, des femmes prolétaires, aux
avant-postes des luttes sociales, ont fait se conjuguer la lutte pour
l’égalité entre les sexes avec celle pour une société d’ou serait
bannie l’exploitation des unes et des uns par les autres.
1910, 2010. Les femmes ont, en France, arraché de grandes conquêtes.
Mais « arraché » est un mot bien faible. Ce n’est qu’après la guerre
contre les nazis, avec la victoire et la mise en œuvre du programme du
Conseil national de la Résistance, qu’elles ont obtenu, en 1944, le
droit de vote. Ce n’est qu’après le procès historique d’une très jeune
fille défendue devant le tribunal de Bobigny par Gisèle Halimi et
l’organisation revendiquée d’avortements clandestins à travers toute la
France qu’elles ont obtenu en 1975 le droit à la contraception libre et
à l’IVG.
1910, 2010. « Il fallait se battre il y a cent ans, il faut se
battre aujourd’hui », lance Maya Surduts, présidente de la Cadac
(Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la
contraception) et animatrice du Collectif national pour les droits des
femmes. Á quelques jours du 8 mars, le 25 février dernier, le Collectif
pouvait se réjouir de voir l’Assemblée nationale adopter enfin
plusieurs mesures issues de sa proposition de loi contre les violences
faites aux femmes,
ce fléau que notre société patriarcale tolère encore trop facilement et
qui fait que, chaque semaine en France, trois femmes meurent sous les
coups de leur conjoint. Le vote des députés est une étape dans un
combat engagé depuis plusieurs années par les associations féministes
en collaboration étroite avec des députées de gauche, notamment
Marie-George Buffet (PCF) et Martine Billard (ex-Verts, aujourd’hui
PG), et porté par elles à l’Assemblée. Une étape seulement, puisque le
texte voté comporte de nombreuses insuffisances, particulièrement
concernant les femmes immigrées, directement dues aux amendements des
élus de droite. Mais une étape qui donne néanmoins aux femmes de
nouveaux moyens de se défendre et de lutter. Une étape qui est aussi un
formidable encouragement à ne pas baisser les bras et à agir sur tous
les terrains, dans la rue comme dans les assemblées élues.
« Il faut lier au maximum les luttes pour les droits des femmes avec
les autres luttes sociales, parce que nous sommes tous dans le même
bateau », poursuit Maya Surduts, en dénonçant toutes les attaques
contre le service public et en annonçant, alors que les fermetures de
maternités et de services pratiquant des IVG se multiplient, une
mobilisation nationale pour la défense du droit à l’avortement, car
« les femmes sont conscientes que c’est un acquis fondamental et
qu’elles ne peuvent pas se permettre de le perdre ». D’ailleurs, ce 8
mars, la manifestation pour les droits des femmes qui, à Paris, ira de
la place de la Nation à la à la place de la Bastille fera une halte à
la rencontre des personnels et des syndicats de l’hôpital
Saint-Antoine, dont la maternité et le service des IVG, déjà regroupés
avec ceux de l’hôpital Tenon, sont menacés de fermeture à la fin de
2010.
Et le 18 mars devant l’APHP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris),
un rassemblement large et unitaire aura lieu pour défendre une
conception de la santé pour tous, respectueuse des patients comme de
ceux qui les prennent en charge. Les associations de défense des droits
des femmes y seront aux côtés des syndicats et du collectif de défense
des services publics.
Mais ce 8 mars sera aussi le jour du lancement de la troisième Marche mondiale des femmes
sur les cinq continents. Son objectif : « surmonter l’ordre actuel
injuste qui entraine la violence et la pauvreté et construire un monde
basé sur la paix, la justice, l’égalité, la liberté et la solidarité. »
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