La santé est un droit fondamental (article 22 et 25 de la déclaration universelle des droits de l'homme).

 

Et pourtant 14 % de la population ont renoncé à des soins en 2006 pour des raisons financières ; ce pourcentage étant de 24% pour le 1/5ème de la population aux revenus les plus bas.

L'accès aux soins est limité par les remboursements insuffisants de la Sécurité Sociale et par l'absence d'une couverture complémentaire, mais aussi, par les dépassements d'honoraires, (l'inspection générale des affaires sociales écrivait en 2007 que "la prise en charge à 100% de certains soins tels que l'accouchement ou des actes chirurgicaux  lourds n'est plus garanti, alors que la collectivité nationale avais fait le choix de couvrir intégralement ces soins).

Les personnes âgées, dont les pensions seront dans l'avenir amputées par les réformes successives des retraites, risquent d'être de plus en plus touchées par ce problème.

 

Ces dépassements d'honoraires sont devenus monnaie courante chez les médecins spécialistes (ils augmentent chaque année au rythme de 100 millions d'euros).

 

Face à cette situation préoccupante et qui s'aggrave, alors que les dépenses de santé dans le budget des ménages ont augmenté entre 40 à 50% en 8 ans!, voici la solution adoptée par le gouvernement (officiellement pour favoriser l’accès de tous à la chirurgie, l'anesthésie et l'obstétrique): fin 2010 un nouveau secteur, dit "optionnel" va s'ouvrir à trois spécialités (chirurgie, anesthésie et obstétrique) où les dépassements d'honoraires sont déjà presque la règle.

Ce nouveau secteur dit "optionnel" vient s'ajouter aux deux autres qui existent déjà:

         -Dans le secteur 1 les médecins pratiquent les tarifs négociés avec la Sécurité Sociale qui servent de base aux remboursements des assurés, en échange d'une prise en charge de leurs cotisations sociales par l'assurance maladie.

         -Dans le secteur 2, les médecins peuvent pratiquer des dépassements" avec tact et mesure"(en réalité quasi  sans contrôle), lesquels sont pris en charge, partiellement et sous conditions par des organismes complémentaires.

Ce sont ces médecins, aux honoraires totalement libre, que le secteur "optionnel" entend peu à peu capter.

Pour cela, l'accord leur consent des allègements de cotisations sociales à condition qu'ils ne pratiquent pas plus de 70% de dépassement et qu'ils les plafonnent à 50% du tarif de la Sécurité Sociale.

 

Ce système est appelé à se généraliser et pourrait à terme, mettre fin aux tarifs plafonnés.

 

Au moment où l'on dé rembourse, où l'on instaure franchises et forfaits au nom du déficit de la Sécurité Sociale, cette dernière va devoir prendre en charge les cotisations des praticiens qui pourraient quitter le secteur 2 pour l'optionnel sans modifier leurs honoraires ! Comment la Sécurité Sociale, que l'on dit exsangue, va t'elle financer une réforme aux avantages douteux ?

 

On peut évaluer aujourd’hui que cela se traduira par une augmentation de 50% du tarif des consultations pour 70% de nos concitoyens et va accroître les inégalités dans l'accès aux soins.

 

"Comment accepter qu'une profession demande un dépassement de 50% ou plus sur les tarifs fixés au départ et que l'on y réponde en se défaussant sur les usagers?

Les demandes d'augmentation de revenus faites par les médecins ne peuvent être résolues par la généralisation des dépassements d'honoraires. La prise en charge solidaire des soins doit rester un acquis dans notre pays et les médecins étant rémunérés par l'assurance maladie, c'est un débat de société qui doit avoir lieu"(Marie Kayser SMG).

 

 Voilà un "vrai" sujet pour un débat national avec de vraies questions qui intéresse tous les Français.

                                                                                                                                                                                      Yvette  Debarbieux